limousin,une histoire
 
Les conférences de MarieF Houdart, ethnologue, auteur
 
A l’occasion du vernissage de l’Exposition sur l’Art et le Bois, organisée par la Société des Arts et Lettres de France et le Conseil Général de la Corrèze, qui aura lieu le 12 septembre 2003 après-midi, Marie-France Houdart fera une conférence avec diapositives à 16 h, salle «Corrèze» du Conseil Général, sur le thème «L’arbre : éclats de vie, éclats de bois».
 "Depuis la préhistoire, l’arbre a toujours été l’objet de cultes rendus à la nature sacrée, voire même divine que les humains lui reconnaissaient. Reliant la terre et le ciel, le mondes des morts et celui des dieux, mourant et renaissant chaque année, nourrissant les hommes de ses fruits, faisant éclater la vie, il relie l’homme au caractère sacré de l’existence. Rameau d’alliance, sceptre des rois, arbre du paradis, de mai ou de la liberté, on le transmet, on l’érige ou on l’invoque chaque fois qu’un pacte doit être passé entre les dieux, les puissants et les hommes.
L’arbre s’est toujours donné tout entier aux hommes : de son bois, ils font le feu qui les chauffe, les maisons qui les abrite, les outils qui les aident à créer pour se nourrir, pour vivre, pour exister. De l’arbre au bois, c’est la vie qui se perpétue. Plus que jamais, il mérite le respect."
"Les plus grandes civilisations humaines ont fait de l'arbre un symbole d’immortalité et de renouveau : celui de la végétation, celui des amours,  celui du pouvoir. C'est le sens du "Mai", cet arbre pavoisé que l'on dresse toujours aux nouveaux élus en Corrèze et dans tout le sud-ouest.
Au bois qui a permis l’émergence et le développement des civilisations, de la nourriture à la maison, du feu aux outils, de la pirogue à la roue, du charbon à l'engrenage... l’homme doit tout. Mais aujourd'hui les découvertes de la biologie végétale nous révèlent que nos ancêtres avaient bien raison de voir dans l'arbre qui, fixé à la terre par ses racines,  doit se reproduire sur place, s'adapter aux fluctuations du milieu et se défendre contre ses prédateurs, un maître de vie. Car c'est bien grâce à lui, "potentiellement immortel", que l'homme et l'animal, essentiellement mobiles, doivent de pouvoir survivre sur terre. Peut-être est-ce pour cela que l'homme, qui se croit libre parce qu'il bouge sans cesse, rêve d’avoir lui aussi des racines"
 
 
 
 
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